La dispute de Marivaux

La dispute de Marivaux
L'une des dernières pièces de Marivaux représentée pour la première fois le 19 octobre 1744 mais qui est tellement vivante et moderne encore aujourd'hui et qui pour ma part m'a beaucoup parlé et fait réfléchir...

Pièce indéniablement très pessimiste sur la nature humaine et les raisons qui poussent à aimer autrui. Pâle et triste caricature de l'humain et des liens si superficielles de l'amour. La cruauté et les faux semblants y sont dépeints.

En quelques mots l'histoire : "Il s'agit de décider lequel des deux sexes a donné le premier l'exemple de l'inconstance en amour. Quatre enfants, deux du sexe féminin et deux du sexe masculin, ont été isolés dans une forêt dès le berceau. Cette expérience a duré de longues années. Chacun d'eux a grandi isolé du monde et ne connait encore que Mesrou et sa s½ur Carise qui les ont élevés. On va alors leur laisser la liberté de sortir de leur enceinte et de connaître le monde. Au lever du rideau, l'expérience touche à son terme et le spectateur va constater les résultats avec les premières amours qui vont apparaître. En fait, cette pièce relève d'une dispute savante sur une question de psychologie expérimentale : l'inconstance vient-elle de l'homme ou de la femme?"

Cela interroge sur plusieurs thèmes tels que les relations hommes-femmes, sur le paraître, sur cette particularité en chacun de nous d'appréhender les rapports humains, sur le besoin constant de plaire pour se rassurer, sur l'insatisfaction lancinante et permanente et la difficulté d'appréhender le bonheur simplement en voulant toujours un objet nouveau d'amour, la jalousie, le besoin de se comparer et de se sentir toujours supérieur à l'autre. Mais, il évoque aussi les différences d'amitiés masculines et féminines. Les femmes entre elles étant beaucoup plus perfides et manipulatrices tandis que les hommes semblent plus bruts et plus spontanés....
Il appréhende également la notion de narcissisme. On en vient au cours de la pièce à penser que les hommes seraient aimés simplement car ils seraient les miroirs de la coquetterie féminine. Enfin, le narcissisme qui naît avec la conscience serait donc à l'origine de l'inconstance. Ne s'aimer que soi-même à travers l'autre, aimer idéalement juste pour l'image qu'on nous renvoie...L'amour ainsi qui n'est pas amour mais mirage ?
Le mensonge est également finement abordé, le mensonge qui édifie la destruction. Tous ses personnages se sentent obligés de mentir. Bien plus que le partenaire, en fin de compte la personne qu'il trompe est avant tout au premier plan intrinsèquement eux-mêmes avant tout.

Enfin, il évoque également l'amour passion idéalisé et le danger d'être en totale fusion avec l'être aimé qui peut à long terme être dangereux...Il met en avant la nécessité de respecter l'entité de l'autre...

Pièce pleines de réflexion d'une richesse intense... Plein de thèmes véhiculés dans une simple pièce, une pièce admirablement jouée par de jeunes acteurs resplendissants la joie de vivre et ayant l'étincelle en eux..

Cela m'a donné envie d'approfondir les écrits de Marivaux....

# Posté le jeudi 05 février 2009 07:54

Amitié d'une vie

Amitié d'une vie
Qu'est-ce véritablement que l'amitié?Y a-t-il un espace possible pour y faire accepter les défauts, les carences et les limites de l'autre? Ou au contraire faut-il toujours quoi qu'il arrive y être assurément parfait et sans aucune faille?
Pour quelles raisons plus est-elle forte et plus nous fait-elle souffrir un jour ou l'autre? Le degré d'exigence dépend-il de l'intensité de la relation? La véritable amitié est-elle dans le tout ou rien et dans la destruction? Ne peut-elle pas évoluer?

Une amitié n'est-elle possible qu'avec des personnes ayant la même vie, la même situation matrimoniale, les mêmes disponibilités et les mêmes centres d'intérêts? Doit-on être dans les mêmes cases et le même chemin pour partager des moments et s'aimer? N'est-elle valable que si et seulement si l'autre nous apporte réellement quelque chose pour nous-mêmes?

La violence des mots échangés, les blessures de part et d'autres, le silence, l'impossible dialogue, l'incompréhension, les non-réponses, les contacts de plus en plus restreints se réparent et s'oublient-ils?

Plein de questions autant de réponses. Peut être aurai-je des éléments un jour ou l'autre mais je suis sûre d'une chose quels que soient ma peine et mon réel amour, quel que soit ce fossé qui se creuse, je ne peux et ne pourrai irrévocablement me battre seule.

"Les amitiés de l'adolescence, rien ne peut en effacer complètement la trace dans notre coeur. Ce que nous avons de meilleur, nous le devons à la pureté et à la grandeur des sentiments qu'elles nous ont fait éprouver."
Robert Charbonneau

"L'amour est comme l'églantine sauvage, L'amitié est comme le houx, Le houx est sombre lorsque l'églantine est en fleur, Mais lequel fleurit avec le plus de constance ?"
"Si nous voulons construire une amitié durable, nous devons aimer nos amis pour eux et non pour nous."

Charlotte Brontë

"L'éloignement et la longue absence nuisent à toute amitié."
Arthur Schopenhauer

"Amitié qui finit n'avait point commencé."
Publius Syrus

# Posté le vendredi 12 décembre 2008 06:21

Modifié le vendredi 12 décembre 2008 06:38

Thomas Fersen

Thomas Fersen
Concert de Thomas Fersen hier aux Folies Bergères...

Tout d'abord un piéton qui nous oriente gentiment et longuement le chemin, puis un chien de garde féroce prénommé indication qui nous attendait pour nous accueillir. Tous ces prémisses qui m'ont permis de jolis fous rire étaient de bonne augure et annonçait un spectacle où le charme a fait effet...

Après une attente insoutenable : entrée en scène pleine de grâce et de charisme sans nom dans une belle robe de marié, voix grave et rocailleuse, univers musical à part et inimitable où je me suis sentie instantanément bien, textes joliment écrits, quelquefois décousus, absurdes et entraînants qui ne m'ont jamais fait disparaître un instant ce beau sourire aux coins des lèvres..
J'ai vraiment accroché, tout simplement adoré flirté avec cette autodérision, cette poésie, ce décalage et ce déglingage qui n'est propre qu'à lui...

Un vrai moment de partage non prévu et qui fait apprécier d'autant plus cette vie où tout n'est heureusement pas toujours planifié, réglé et rigidifié rigoureusement, où on laisse place quelquefois aux imprévus en laissant vivre en nous ces chansons riches en émotions ...

Jolie surprise, belle découverte qui donne envie d'écouter et de réécouter ces nombreux disques en repensant à ce joli spectacle rien que tous les 2...
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# Posté le mardi 25 novembre 2008 07:03

Modifié le mardi 25 novembre 2008 10:28

"Les plus qu'humains" de Théodore Sturgeon

"Les plus qu'humains" de Théodore Sturgeon
« Les Plus qu'humains » de Sturgeon
«Logique et vérité sont deux choses très différentes. Mais elles se confondent pour l'esprit qui est le créateur de cette logique.»

Je n'ai pas trop de connaissance en ce qui concerne la littérature de science fiction à part des incontournables comme Fahrenheit 451, le meilleur des mondes ou 1984. Comment décrire fidèlement cette oeuvre?

La science fiction ou plutôt le fantastique y est alors à l'état pur avec des rapports humains décortiqués et si riches. On est entraîné dans ce livre, pris en affection par ces différents personnages déchirés et hors normes ayant tous eu de nombreuses carences affectives qui forment une entité aux pouvoirs fabuleux où chacun à sa place et son unicité....Les mécanismes qui les lient entre eux sont admirablement bien décrits et tout cela s'enchevêtre avec imagination...Je me suis prise en affection tout particulièrement pour l'Idiot, pièce centrale du livre, qui va construire la plus étonnante famille avec un groupe d'enfants aux dons étranges: Janie, et son formidable pouvoir de télékinésie, les jumelles Bonnie et Beany, qui apparaissent et disparaissent à volonté, bébé, atteint de trisomie mais véritable génie et Gerry le télépathe plein de fureur. Ils découvrent alors que tous ensemble, ils sont les bras, les jambes, le c½ur et le cerveau d'un être supérieur, une évolution de la race humaine, des plus qu'humains.

Ces personnages sont à la fois doux et attachants mais aussi à un certain niveau d'une cruauté innomable, perdus dans un monde qui les dépasse et les rejette. Dans cette ½uvre, de nombreuses réflexions si finement traitées sont présentes sur la différence, l'amour souvent platonique et pur, l'humanité , la normalité, la tolérance, l'éthique. Livre plein de questionnements sur la vie, sur son sens. La dimension psychologique y est très développée je dirais même l'essence du livre.

La vie de Sturgeon a été marquée par une enfance difficile. Cela explique ses dépressions récurrentes et surtout son besoin maladif d'amour, sans doute responsable pour une bonne part de cette instabilité sentimentale. On comprend ainsi mieux ce qui transparaît dans la beauté de son ½uvre à travers ce qu'il était indéniablement au fond de lui.

Bref livre savoureux où on mesure l'évolution de l'auteur par rapport à son premier roman « Cristal qui songe »écrit en 1950 tout aussi fabuleux même univers mais d'une autre manière..."Les plus qu'humains" me semble plus réussi encore que "Cristal qui songe" sur le plan strictement littéraire (je sais ma manie des comparaisons est innée chez moi...). Seul bémol les cinquante dernières pages du livre qui m'ont frustrée et que je ne trouve pas très cohérente et un peu expéditive.

Pour finir je terminerai par ce texte de Damon Knight (rapporté par Jacques Goimard dans sa notice sur « L'amour et la mort »,) :
« Il y a longtemps que Sturgeon est considéré comme le seul véritable écrivain révélé par la science-fiction. Entendons-nous : le seul qui aurait trouvé à s'exprimer même si la science-fiction n'avait jamais existé. Ce qui ne revient pas à diminuer la valeur de ses confrères, mais simplement à rétablir cette constatation : eux sont des écrivains dotés d'une étiquette, d'une spécialisation, et c'est à l'intérieur de cette spécialisation (qu'elle s'appelle fantastique, SF ou merveilleux) que se manifestent leurs dons ; Sturgeon, lui, est purement et simplement un écrivain (rien de plus et rien de moins), et ce n'est pas a priori le genre choisi par lui qui rend son talent déterminant – l'étonnant est que dans ce genre, il n'en est pas moins l'égal d'un « spécialiste »

Génie d'un auteur qui nie toutes ses idées reçues où on limite la science fiction aux vaisseaux spatiaux, aux robots et aux extraterrestres sur fond d'histoire très mince...
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# Posté le lundi 27 octobre 2008 09:12

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 05:25

Les rires

Les rires
Toi, Moi et ces jolis fous rires irrépressibles et intenables qui sortent de nous-mêmes, qui surviennent sans aucune raison évidente parce que l'on est juste simplement heureux de vivre, d'exister et de se sentir si vivants à 2.

Ces éclats si précieux rien qu'à nous sans véritables fond, ni forme pour tout, pour rien, pour cette vie, son absurdité et ce qu'elle représente.

Rires remplis de jolis moments de complicité dont c'est sûr on ne se rassasiera jamais.

Merci à ces doux moments de partage si forts et si agréables qui colorent la vie et que l'on voudrait infinis.
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# Posté le lundi 13 octobre 2008 11:33